À un mirage

Une douce inconnue à la peau opaline
Prisonnière d'un regard, une vie, une seconde...
Et sitôt libérée, mon âme vagabonde
S'en va vers la lumière embrasser la rétine.
L'image est là gravée, incrustation divine,
Stigmate insaisissable de la beauté féconde,
Elle passa dans ma vie comme un caillou sur l'onde,
Ricochant à l'endroit où la passion s'anime.
Grand dieu qu'elle était belle, si fragile et légère,
Traversant le présent en simple courant d'air !
Je l'ai aimée c'est sûr à cet instant précis.
Elle portait sur sa peau le parfum du mystère,
Et puis, comme les autres, elle m'a quitté aussi.
Sans même avoir parlé, sans même m'avoir souri.
Elle me manque déjà.